CONCERT

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Comment financer la production d’un concert ?

Pour un artiste débutant, trouver des financements pour organiser un concert se résume souvent à piocher dans son porte-monnaie et à demander un coup de main à la famille ou aux amis très proches.
Ce qui ressemble beaucoup au crowdfunding ! Mais attention, cette première solution va dépendre de la capacité à mobiliser ses réseaux sur une plateforme de financement participatif.

FOCUS - La musique fait son crowdfunding
FICHE PRATIQUE - Le crowdfunding (à venir)

Dans une deuxième étape, lorsque votre projet aura plus de visibilité, qu’une personne s’occupera de vos concerts, que vous aurez un support enregistré, etc., il sera alors peut-être possible de faire appel aux aides des organismes publics ou professionnels.

Les aides publiques

Des aides peuvent être obtenues auprès des collectivités territoriales (commune, département, communauté de communes/d’agglomération, Région). Pour plus d’informations, les services culture et/ou jeunesse et les associations départementales ou régionales peuvent vous renseigner, chaque collectivité ayant ses dispositifs spécifiques.

L’État n’intervient pas directement mais soutient l’émergence à travers des dispositifs nationaux ou régionaux comme certains tremplins et concours, via ses services déconcentrés telles les Drac (Direction régionale des affaires culturelles) et les DDJS (Direction départementale du ministère de la Jeunesse et des Sports).

Liste de contacts : Irmaliste - Tremplins et dispositifs d’accompagnement ou dans L’Officiel de la musique et sur le Woffi
Les aides des organismes professionnels

La Sacem, l’Adami, le FCM (Fonds pour la création musicale), la SCPP (Société civile pour l’exercice des droits des producteurs phonographiques), la SPPF (Société civile des producteurs de phonogrammes en France), la Spedidam sont des organismes de perception de droits et conformément à la loi de 1985 sur les droits d’auteur et les droits voisins du droit d’auteur, ils sont tenus de « consacrer 25 % des sommes issues de la rémunération pour copie privée et la totalité des sommes non réparties à l’aide à la création la diffusion et la formation professionnelle des artistes ». Voilà qui n’est pas très éclairant ! Mais sachez que chacun de ces organismes est susceptible de vous aider le jour où vous aurez un projet professionnel solide.

Spécifiquement dédié à l’aide au spectacle vivant des musiques actuelles (au travers d’une taxe sur la billetterie), le CNV (Centre national des variétés et du jazz) aide à la production, l’organisation et la diffusion de spectacles, mais là aussi c’est aux projets professionnels portés par les entrepreneurs de spectacles que s’adressent ces soutiens.

Toutes les aides dites institutionnelles sont soumises à des critères très stricts qui impliquent que l’artiste soit inscrit dans une démarche professionnelle comprenant entre autres le respect des règles légales, sociales, fiscales.


Pour aller plus loin :

- Annuaire des aides - Mon projet musique
- FICHE PRATIQUE - Les aides au spectacle vivant
- Le site de la Sacem
- Le site de l’Adami
- Le site du FCM
- Le site de la SCPP
- Le site de la SPPF
- Le site de la Spedidam
- Le site du CNV


Comment trouver un tourneur ?

Le tourneur monte des tournées, « met des spectacles sur la route » et pour cela, il va booker des dates et vendre des concerts auprès des salles, festivals et autres organisateurs. Dans leur grande majorité, les tourneurs proposent des catalogues (ou roasters) stylistiques cohérents permettant aux programmateurs une lisibilité immédiate de leur offre. Il est donc inutile de contacter un tourneur spécialisé dans l’électro si vous faites du death metal ou du jazz manouche !

Un artiste en développement a besoin d’un tourneur, mais noyer tous les tourneurs sous des vagues de mails proposant votre candidature n’est pas la solution.
Pour en trouver un, de même que pour toucher les programmateurs ou un potentiel manager, il est conseillé d’être le plus souvent possible sur scène dans des petits lieux, présents sur des scènes ouvertes, des tremplins, participer à des concours, etc. Autant d’occasions de croiser la route de professionnels curieux et en recherche de nouvelles signatures.

Témoignages d’artistes :

MESPARROW

« Durant l’année où j’ai fait les Découvertes du Printemps de Bourges et le Chantier des Francos, j’ai rencontré mon tourneur et mon éditeur, ce qui a facilité la signature de mon contrat chez East West. »
YOUN SUN NAH
« Quand je me suis présentée en 1999 au concours de jazz de La Défense, je ne me sentais pas vraiment prête. (…) Mon prix m’a bien évidemment encouragée et rassurée (…) et très vite, j’ai pu trouver un manager-tourneur et un label indépendant. »

Source : FOCUS - Carrières et parcours d’artistes


Pour aller plus loin :

- GUIDE MÉTIER - Profession entrepreneur de spectacles
- Liste de contacts : Irmaliste - Salles et petits lieux de diffusion ou dans L’Officiel de la musique et sur le Woffi


C’est quoi "vendre un concert" ?

Le programmateur ou le gérant d’un lieu est prêt à accueillir votre concert et vous demande une facture. Cela signifie que vous allez lui vendre la prestation de votre groupe, établir un contrat de cession et donc devenir le producteur-employeur des musiciens qui composent le groupe. L’acheteur est quant à lui l’organisateur de la soirée.

Le montant de la cession est à négocier ainsi que les conditions d’organisation (heure de passage, fourniture du matériel, prise en charge des salaires des techniciens, des transports, des repas, du logement…). Tous les détails de la transaction sont notifiés dans le contrat de cession ainsi que les conditions de paiement de la facture que vous établirez. Cela implique que vous ayez une structure support pour cette activité (souvent une association).

Le jour du concert, les recettes de billetterie, du bar, du sponsoring, etc. reviennent à l’organisateur qui a en revanche à sa charge tous les frais d’organisation (location du lieu, communication, affichage, catering, Sacem, taxe fiscale…).

En tant que producteur, vous devrez établir un contrat d’engagement pour chacun des membres du groupe et les salarier – si les techniciens font partie du groupe, établir un contrat de travail pour chacun et les salarier – et vous serez redevables de charges sociales sur tous les salaires versés.

Mais attention, la plupart du temps, au démarrage de votre activité, les conditions financières sont très contraintes, voire inexistantes.
Pour autant, la loi précise que l’organisation de spectacles implique le salariat des artistes, sauf pour la pratique en amateur. Mais une société commerciale (café, bar, restaurant…) n’est pas autorisée à organiser un spectacle avec des artistes amateurs, sauf à les salarier comme le seraient des professionnels.
Toute autre pratique est vivement déconseillée car hors-la-loi.

Pour aller plus loin :

- FICHE PRATIQUE - La facturation
- FICHE PRATIQUE - La licence d’entrepreneur de spectacles
- FICHE PRATIQUE - L’organisation de spectacles
- CHRONIQUE RADIO - Le métier d’entrepreneur du spectacle
- GUIDE MÉTIER - Profession entrepreneur de spectacles


Organiser, produire son spectacle : comment ça marche ?

Pour un jeune artiste, la seule solution pour monter sur scène est souvent d’organiser soi-même le concert, donc d’être son propre producteur.

Mais l’organisation de spectacles est une activité réglementée. Lorsque l’organisateur n’a pas pour activité principale l’organisation de spectacles, il peut produire jusqu’à six représentations par an sans être obligé d’être titulaire d’une licence d’entrepreneur de spectacles.
Pour autant, il reste assujetti aux obligations sociales et fiscales propres à la production de spectacles. Ainsi, il vous sera certainement très vite nécessaire d’agir au sein une structure juridique (l’association en est une), ce qui vous permettra de conclure des contrats de cession (vente d’un spectacle sur facture).

Mais attention si vous vendez votre spectacle à un organisateur ou si vous organisez vous-même le concert, la prestation de votre groupe devra être rémunérée en cachet (salaire) pour chaque musicien et votre structure devient ainsi employeur et donc soumise aux législations sociales et fiscales. Il faudra établir des salaires, régler les charges sociales et les taxes… Bref, toute une organisation administrative lourde et contraignante pour un artiste en développement.

FICHE PRATIQUE - Le choix d’une structure de production : disque et spectacle
FICHE PRATIQUE - La licence d’entrepreneur de spectacles
FICHE PRATIQUE - Les conventions collectives dans le spectacle
FICHE PRATIQUE - Mémento pour le paiement des artistes du spectacle

Pour trouver un lieu il faudra tout d’abord connaître les salles susceptibles d’accueillir votre spectacle, deux solutions : le louer ou coproduire le concert avec le lieu.

La location s’établit par un contrat avec le lieu qui vous demandera un loyer pour la soirée. Cette convention d’utilisation de la salle définit les conditions des prestations comprises (ou pas) dans le prix de la location. Attention : en tant que producteur, tous les frais de production sont à votre charge et il ne faut pas oublier les assurances !

Souvent avec les petits lieux, il est également possible de coproduire ou coréaliser le concert : un contrat définit alors l’apport de chacun (les cachets du groupe, le matériel technique, la location de la salle…) et le partage de la recette de billetterie sera répartie au prorata de cet apport.

GUIDE MÉTIER : Les contrats de la musique
FAQ - C’est quoi « vendre un concert » ?
FICHE PRATIQUE - Les assurances
Liste de contacts : Irmaliste - Salles et petits lieux de diffusion ou dans L’Officiel de la musique et sur le Woffi

Pour chaque concert produit, vous devrez établir un budget prévisionnel qui fera apparaître tous les frais engendrés (location de salle, de matériel, salaires et charges du groupe, transport, hébergement, repas, assurance, communication…) ainsi que les recettes (billetterie, bar, aides et subventions, ventes de merchandising…). Ce budget prévisionnel vous permettra de juger de la faisabilité de votre projet.

Mais attention, souvent dans les coproductions ou coréalisations, la recette du bar est gardée par le lieu. De même, la salle peut exiger un minimum garanti qui couvre le montant de la location, et de fait, la billetterie permet à peine de solder ces frais. Il ne reste alors rien pour payer le groupe.
L’autoproduction est un vrai casse-tête et l’organisation de spectacles un vrai métier !


Comment être programmé ?

Prêt à jouer vos morceaux en public mais personne pour vous aider à démarcher ?
Ce sera donc à vous de convaincre les programmateurs, mais attention à ne pas "taper trop haut". Il faut être conscient du stade de développement de votre projet. Démarcher les grandes salles ne sert à rien, il vous faut commencer par écumer les petits lieux comme les clubs, les bars, les MJC, les lieux proposant des scènes ouvertes… Bien entendu, il faut tenir compte de la "couleur" de leur programmation.

CHRONIQUE RADIO - Artistes : Comment se produire sur scène ?
Liste de contacts : Irmaliste - Salles et petits lieux de diffusion ou dans L’Officiel de la musique et sur le Woffi

Vous confronter à ce public vous permettra d’affiner votre jeu et votre répertoire. Vous pourrez ensuite vous présenter aux nombreux tremplins et concours dont les jurys sont composés de professionnels, en particulier de programmateurs, et vous aurez peut-être la chance d’être "repéré".

CHRONIQUE RADIO - Musiciens : bien choisir ses tremplins, concours et dispositifs de repérages
Liste de contacts : Irmaliste - Tremplins et dispositifs d’accompagnement ou dans L’Officiel de la musique et sur le Woffi

Pour convaincre un programmateur, souvent patron du bar ou du club, présentez votre travail et envoyez-lui plusieurs morceaux ou vidéos (que ce soit en CD de visu, ou avec des liens via une messagerie en ligne). Vous devrez le relancer (souvent mais sans le harceler) afin de n’être pas oublié. Les soirs de concert, n’hésitez pas à passer dans les lieux pour écouter un autre artiste, relancer le programmateur (et l’inviter à votre prochain concert !), vous montrer comme acteur de la scène locale, etc. Vous deviendrez ainsi plus visible et à même de saisir les opportunités qui peuvent se présenter.

FAQ - Faire connaître sa musique… et en faire parler
CHRONIQUE RADIO - Que faut-il pour se lancer en tant qu’artiste ?

Enfin, il est important de connaître les conditions techniques d’accueil (capacité, matériel, régisseur…) et il vous faudra également rédiger une fiche technique la plus précise possible sur les besoins matériels de votre groupe. Cependant, la plupart du temps vous devrez faire avec (ou plutôt sans) le peu que vous trouverez sur place.

Par ailleurs il faudra penser aux conditions financières pour votre prestation. Sachez que la loi oblige tout organisateur d’un concert ou d’un spectacle à salarier les musiciens interprètes. Vous pouvez cependant être considéré comme un artiste amateur et de ce fait ne rien percevoir pour votre prestation. Mais en tant qu’amateur, vous ne pourrez pas jouer dans des lieux exerçant un commerce (bars, clubs, restaurants…).

Dans tous les cas, il n’est pas légal de jouer "au chapeau" (assimilé à la mendicité et puni par la loi) ou de jouer pour un défraiement, un billet ou en échange d’un repas ou d’une bière (assimilé à du travail dissimulé).

Où répéter ?

Les endroits les plus appropriés sont les studios de répétition, qui sont des lieux où il sera facile de rencontrer d’autres artistes.

Dans votre choix de studio, n’oubliez pas de prendre en compte :
- le parc de matériels mis à disposition
- l’acoustique du studio
- les savoir-faire techniques (régisseur, acousticien…) et pédagogiques (musicien-encadrant, préparateur scénique…) mis à disposition
- les services associés au studio

Liste de contacts : Irmaliste - Studios de répétition

Mais souvent, au début, vous serez tentés de répéter dans votre garage, le salon familial, la cave de l’immeuble. Il faudra alors l’aménager pour en faire un lieu acceptable acoustiquement (tapis au sol, carton, liège ou polystyrène). Mais attention aux problèmes de voisinage (pour certains, la musique c’est du bruit) et à vos oreilles (le son mal géré, c’est la surdité assurée) !


Risques auditifs :

N’oubliez pas que si la musique est un plaisir avant tout, elle peut être la cause de nuisances sonores lorsqu’elle est diffusée et jouée à un trop haut volume sonore pendant trop longtemps.

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