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Comment être signé par un producteur ?

Être signé par un producteur, que ce soit un label, une maison de disques, voire une major, signifie qu’en tant qu’artiste-interprète vous signez un contrat d’enregistrement exclusif (dit contrat d’artiste) avec un producteur phonographique qui prendra à sa charge les frais de production et assurera, directement ou indirectement, la distribution des enregistrements.

CHRONIQUE RADIO - Contrat d’artiste : de la propriété aux royalties !
FOCUS - Le contrat d’artiste en question(s)

Il s’agit donc pour l’artiste de se faire connaître auprès des producteurs. Le plus simple est de leur envoyer les maquettes des enregistrements réalisés, un dossier de présentation, de les inviter aux concerts et de leur faire visiter votre site Internet… sans pour autant les harceler !

Comme pour démarcher les tourneurs ou les managers, il faut savoir être au bon endroit au bon moment. Beaucoup de producteurs/directeurs artistiques sont présents sur les tremplins, concours et scènes ouvertes locaux et nationaux. D’autres interviennent en conseil auprès des pépinières ou des résidences d’artistes. Ce sont autant d’occasions qu’ils entendent votre musique.

Liste de contacts : Irmaliste - Tremplins et dispositifs d’accompagnement ou dans L’Officiel de la musique et sur le Woffi
CHRONIQUE RADIO - Musiciens : bien choisir ses tremplins, concours et dispositifs de repérages

Autre conseil : prenez le temps de parfaire vos enregistrements et démarchez les labels dont la ligne éditoriale correspond à votre musique. Et surtout pensez à laisser vos coordonnées quand vous avez une touche et maintenez discrètement le contact.


Comment financer la production d’album(s) ?

Pour un artiste débutant, trouver des financements pour enregistrer sa musique (produire son album) se résume souvent à piocher dans son porte-monnaie et à demander un coup de main à la famille ou aux amis très proches.

Ce qui ressemble beaucoup au crowdfunding ! Mais attention, cette première solution va dépendre de la capacité à mobiliser ses réseaux sur une plateforme de financement participatif.

FOCUS - La musique fait son crowdfunding
FICHE PRATIQUE - Le crowdfunding (à venir)

Dans une deuxième étape, lorsque vous aurez plus de visibilité, un support enregistré, une personne pour s’occuper de vos concerts, etc., il sera alors peut-être possible de faire appel aux aides des organismes publics ou professionnels.

Les aides publiques

Des aides peuvent être obtenues auprès des collectivités territoriales (commune, département, communauté de communes/d’agglomération, Région). Pour plus d’informations, les services culture et/ou jeunesse et les associations départementales ou régionales peuvent vous renseigner, chaque collectivité ayant ses dispositifs spécifiques.

L’État n’intervient qu’au plan national (par l’intermédiaire de la Direction générale des médias et des industries culturelles/DGMIC) par des dispositifs ponctuels réservés aux labels et maisons de disques. Il est possible néanmoins de se renseigner auprès de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) de votre territoire.

Les aides des organismes professionnels

La Sacem, l’Adami, le FCM (Fonds pour la création musicale), la SCPP (Société civile pour l’exercice des droits des producteurs phonographiques), la SPPF (Société civile des producteurs de phonogrammes en France), la Spedidam sont des organismes de perception de droits et conformément à la loi de 1985 sur les droits d’auteur et les droits voisins du droit d’auteur, ils sont tenus de « consacrer 25 % des sommes issues de la rémunération pour copie privée et la totalité des sommes non réparties à l’aide à la création, la diffusion et la formation professionnelle des artistes ». Voilà qui n’est pas très éclairant ! Mais sachez que chacun de ces organismes est susceptible de vous aider le jour où vous aurez un projet professionnel solide.

Par ailleurs, La Sacem, le FCM et l’Adami ont fait évoluer leurs dispositifs et proposent sous certaines conditions une aide à l’autoproduction. L’aide de l’Adami aux artistes autoproduits est consacrée à la promotion de l’enregistrement, et seule celle de la Sacem n’est pas conditionnée à la signature d’un contrat de distribution.

Les programmes d’autoproduction de la Sacem, du FCM et de l’Adami

Toutes les aides dites institutionnelles sont soumises à des critères très stricts qui impliquent que l’artiste soit inscrit dans une démarche professionnelle comprenant entre autres le respect des règles légales, sociales, fiscales.
À noter qu’il s’agit la plupart du temps d’aides au projet (et non au fonctionnement de la structure) qui ne doivent représenter qu’une partie du budget total de la production.


Pour aller plus loin :

- Annuaire des aides - Mon projet musique
- FICHE PRATIQUE - Les aides au disque


Comment trouver une distribution ?

Vous avez réussi à enregistrer un album, il vous faut maintenant le mettre à disposition du public dans les bacs des disquaires et sur les plateformes de téléchargement et de streaming. C’est ce que l’on appelle la distribution.

On distingue le distributeur de supports physiques (CD, vinyl, DVD…) du distributeur numérique, bien que parfois ces deux activités soient réalisées par une même entreprise.

Le distributeur physique est celui qui est en contact avec les lieux de vente, qui les démarche, vérifie les mises en place des disques, les facings, l’état des commandes et des stocks, etc.
Le distributeur numérique est celui qui démarche les plateformes à la fois de vente (iTunes, Amazon, etc.) et de streaming (Deezer, Spotify, etc.), qui duplique et livre les fichiers dans les bons formats, établit des partenariats, des mises en avant, etc.

Dans un cas comme dans l’autre, un label ou un artiste formalise sa relation avec le distributeur à travers la signature d’un contrat de distribution, dans lequel le distributeur prend un pourcentage du prix de gros qui lui permet de rémunérer sa prestation.

CHRONIQUE RADIO - Production phonographique : distribution physique ou numérique ?

Selon le genre de musique que vous avez enregistré, selon votre notoriété, vous chercherez un ou des distributeurs qui vous permettent de toucher votre public. De l’agrégateur spécialisé dans les artistes autoproduits au département distribution d’une major, il y a une foule d’acteurs sur ce secteur et ils ne proposent pas tous le même service : soyez attentif au contenu du contrat proposé !

Vous pourrez aussi ouvrir une boutique en ligne pour vendre vos albums et vos produits dérivés sur votre site, mais attention que votre contrat de distribution, si vous en avez signé un, ne soit pas exclusif.

Liste de contact de distributeurs et de lieux/sites de vente de musique dématérialisée dans L’Officiel de la musique ou sur le Woffi
Attention, il est important de ne pas confondre la "distribution" qui s’attache à distribuer des enregistrements vers des espaces de vente, de la "diffusion" qui consiste à faire entendre votre musique, qu’elle soit live (concerts) ou enregistrée (comme à la radio).

Pour aller plus loin :

- CHRONIQUE RADIO - Contrat de distribution : comment ça marche ?
- FICHE PRATIQUE - Les trois étapes du disque
- FOCUS - Métiers et marché de la distribution numérique
- GUIDE MÉTIER - Je monte mon label
- GUIDE MÉTIER - Les Contrats de la musique


L’autoproduction, c’est quoi ?

Vous avez enregistré, mixé, voire masterisé votre musique, vous avez donc déjà passé une première étape de l’autoproduction. Vous souhaitez maintenant diffuser voire commercialiser cette production sous format physique. Pour cela vous devez faire fabriquer les CD, vinyles ou autres supports.

Il est nécessaire de demander une autorisation de reproduction à la SDRM (Société pour l’administration du droit de reproduction mécanique). Cette autorisation est obligatoire : vous ne pourrez commander la fabrication de votre support à une société de pressage sans cette autorisation.

Si les œuvres que vous avez enregistrées et que vous souhaitez fixer sur un support sont déposées auprès de la Sacem, cette autorisation vous sera délivrée par la SDRM contre le versement d’un droit de pressage calculé sur la durée et le nombre des œuvres enregistrées, le nombre de supports fabriqués et le prix de vente.

Le site de la SDRM
Liste de contacts de presseurs disponible dans L’Officiel de la musique ou sur le Woffi

La société de pressage vous livre un "produit" fini : elle duplique la musique sur un support, elle imprime les jaquettes, les pochettes et le livret, elle met sous boîtier et sous blister, etc. Il est donc nécessaire de livrer tous les documents permettant de fabriquer un album prêt à la vente (photos, textes, dessins…) comportant les mentions légales obligatoires :
- (P) suivi de l’année de publication et du nom du producteur ;
- © suivi de l’année de publication et du nom du propriétaire des œuvres graphiques ;
- un code ISRC.

CHRONIQUE RADIO - N’oubliez pas le code ISRC !
FICHE PRATIQUE - Les sociétés civiles de production discographique

Afin de pouvoir diffuser et vendre votre musique sur le web, vous devrez la mettre sous format numérique. Vous pouvez ensuite la mettre en ligne sur votre site ou contacter un distributeur numérique - certains sont spécialisés dans les services à l’autoproduction - qui s’occupe de mettre aux normes et dupliquer les fichiers numériques.
À noter : la perception du droit de pressage par la SDRM est calculée sur les ventes sur les plateformes. La demande d’autorisation et la perception sont gérées par le distributeur en ligne.

FAQ - Comment trouver une distribution ?
Liste de contacts de distributeurs dans L’Officiel de la musique ou sur le Woffi

Le dépôt légal

À noter qu’il est obligatoire d’envoyer deux exemplaires de votre album ou de le déposer en ligne auprès du service du dépôt légal (géré par le service audiovisuel de la Bibliothèque nationale de France).

Le site du dépôt légal de la BNF


Où et comment enregistrer ?

Un enregistrement audio va rapidement vous être nécessaire, mais quelle solution adopter ? Home studio ou studio d’enregistrement ? En midi ou en acoustique ? Piste par piste ou en prise live ? Etc.

Le home studio présente quelques avantages : vous connaissez probablement bien votre matériel et vous pouvez gérer vous-même le son de votre enregistrement. Mais il vous aura fallu investir de façon conséquente si vous souhaitez un résultat audible. Si les musiques électroniques ou le hip hop sont souvent enregistrées avec bonheur en midi en home studio, d’autres genres comme la pop ou la chanson nécessitent un enregistrement acoustique en studio.

Le studio d’enregistrement met à disposition un matériel professionnel et la plupart du temps un ingénieur du son qui pourra conseiller, orienter tant sur la technique que sur la production artistique.
Mais la location d’un studio (à la séance ou à l’heure) coûte cher et souvent vous contraindrez votre location au strict minimum, ce qui oblige à entrer en studio en sachant exactement ce que l’on va enregistrer. Dans tous les cas, il aura fallu faire un budget de production afin de connaître précisément les besoins de financement de cet enregistrement.
À noter que home studio et studio d’enregistrement professionnel peuvent être complémentaires, par exemple en enregistrant la préprod en home studio puis en finalisant le mixage en studio, ce qui permet entre autres de tenir son budget.

Autre choix décisif : enregistrement live (tout le monde joue ensemble en même temps) ou piste par piste (chaque instrument est enregistré seul sur une piste) ? La première solution met en avant toute la dynamique du live, la seconde permet d’effacer tout parasite sonore et d’aboutir à un mixage plus élaboré.

Pour choisir le studio et l’ingé son avec lequel travailler, il est conseillé de se renseigner sur ses références, d’écouter leurs travaux respectifs, de demander conseil aux artistes qui l’ont pratiqué, et de le rencontrer afin de confronter ce que vous attendez de lui avec ce qu’il a perçu de votre travail.

Après l’enregistrement, le mixage est une étape primordiale qui prend souvent autant de temps que l’enregistrement proprement dit. C’est au mixage que l’on nettoie le son, qu’on lui donne l’effet souhaité et que tout ce qui a été enregistré s’assemble pour former un morceau.

Votre musique est enfin prête à passer au mastering, étape qui fixe définitivement la couleur sonore et permet de dupliquer à l’infini et à l’identique votre fichier audio (selon l’editing des titres que vous avez fixé, au bon format d’encodage, de compression et de volume, etc.).

Liste de contacts de studio d’enregistrement et de mastering disponible dans L’Officiel de la musique ou sur le Woffi.

CRD
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