360 Paris Music Factory : "un lieu connecté avec le monde"

Publié le lundi 23 janvier 2017

Musiques du monde

Le 360 Paris Music Factory, un bâtiment de cinq étages entièrement dédié aux musiques du monde, ouvrira ses portes au printemps 2018 dans le quartier de la Goutte d’or à Paris. Rencontre avec son fondateur Saïd Assadi.

- Pouvez-vous présenter le projet 360 Paris Music Factory ?

360 Paris Music Factory, c’est un lieu nouveau et un modèle économique innovant pour la culture, qui couvre l’ensemble des maillons de la chaîne, de la conception jusqu’à la diffusion. C’est un pôle qui regroupera des entreprises et des associations culturelles qui s’inscrivent dans le champ de l’économie sociale et solidaire. Le lieu proposera plusieurs espaces : salle de diffusion, lieu de répétition, lieu de résidence/création, des bureaux partagés pour les entreprises, l’espace incubateur et le restaurant. Ce lieu est dédié aux musiques du monde, entendu au sens de lieu ouvert aux grandes voix de ce monde, qu’elles soient d’ici ou d’ailleurs. Ce qui n’empêche nullement de nous donner la liberté d’accueillir d’autres esthétiques, mais aussi d’autres disciplines. Le lieu sera modulable et adaptable à la danse, au théâtre, à des expositions, etc.

Il s’agit d’un projet privé d’intérêt général. L’investissement est aujourd’hui à hauteur de 4,5 millions d’euros, dont 10% seulement sont assurés par la Ville de Paris et la Région Ile de France. Et nous solliciterons bien sûr les dispositifs existants pour les projets à venir de création.

- Autre aspect important du projet : sa dimension technologique. Vous pouvez-nous en dire plus ?

360 Paris Music Factory sera un lieu connecté : avec son environnement direct, et avec le monde. Être présent sur tous les maillons de la chaîne, c’est offrir à un projet l’ensemble des possibilités, donc de travailler à 360° : résidence de création, répétition, enregistrement, production phonographique, édition, diffusion, formation, action culturelle… Et ce, dans un lieu entièrement équipé pour diffuser en direct et en différé partout dans le monde. Tous les espaces seront reliés par un réseau permettant une diffusion audiovisuelle instantanée. Il n’y aura qu’à brancher une caméra et appuyer sur play ! N’oublions pas que certains artistes,qui n’ont qu’un public de niche à Paris, sont de véritables stars dans leur pays d’origine. L’idée est aussi de rendre accessibles tous ces contenus le plus largement possible. Nous l’avons vu avec certains de nos concerts d’artistes brésiliens diffusés sur Arte live web. Alors que le concert accueillait 750 personnes, plusieurs dizaines de milliers de personnes le suivait en direct depuis le Brésil !

- Ce projet est-il le prolongement naturel du travail que vous menez depuis de nombreuses années avec Accords croisés et le festival Au fil des voix ?

C’est bien évidemment l’expérience du travail de ces 20 dernières années qui a nourri les réflexions pour aboutir à ce projet. La question centrale est la suivante : comment développer des carrières d’artistes quand on est une petite structure avec une économie réduite ? Dans le même temps, les différentes crises ont amené une concentration forte dans le spectacle vivant, qui se ressent sur les programmations. Et les restrictions budgétaires ont rendu encore plus complexe l’existence des structures les plus fragiles. C’est dans ce contexte que nous avons mené nos réflexions pour bâtir un modèle économique pour un outil au service de nos musiques.

Ce sont les mêmes valeurs qui avaient guidé la création d’Accords croisés : favoriser la rencontre et l’échange entre les artistes venus d’horizons divers, dans un esprit de mutualisation. Et il y a 10 ans, nous avons créé le festival Au fil des voix, avec pour objectif de présenter les nouveautés scéniques et discographiques de l’année, au public, aux journalistes et aux programmateurs. D’où le fait que celui-ci ait lieu en janvier-février. Forts de ce parcours, nous nous sommes demandé comment aller encore plus loin dans la mutualisation pour réduire les coûts tout en augmentant la production.

- Y a-t-il aussi une volonté de travailler avec les structures présentes sur le XVIIIe arrondissement, comme le Mila ou le centre FGO ?

L’idée est d’être le plus horizontal et synergique possible, pour fédérer les structures et les énergies. Nous allons donc favoriser les collaborations en interne, entre les entreprises accueillies et les startups incubées, et en externe, avec les structures du quartier, qu’il s’agisse d’associations, de dispositifs d’accompagnement ou de lieux de création.

- L’ouverture est prévue au printemps 2018. Les travaux ont démarré ?

Les travaux ont officiellement démarré depuis le mois de novembre. Et nous faisons tout pour ouvrir au printemps 2018 !


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