Avec MyBandMarket, les artistes ont la cote !

Starting blocks

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Pas facile d’apprécier sa valeur quand on est artiste, encore moins de définir son prix. Après 5 ans de développement, MyBandMarket propose des solutions innovantes pour coter les artistes en analysant leur popularité. Grâce à Elise, algorithme qu’il a développé, Quentin Lechemia multiplie les projets : plateforme de booking, webzine, en passant par un Eurovision 2.0. Il lance ce mois-ci Loodon, un réseau social de networking.

À mi-mois, on lève la tête du guidon et on s’intéresse à l’innovation. Starting Blocks c’est des entreprises, des activités innovantes, et celles et ceux qui les font ! Et tout ça, dans la musique !



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Quentin Lechemia

Quentin Lechemia est un serial entrepreneur, jamais à court d’idées nouvelles. Tout commence à Londres en 2010. Il termine alors ses études d’expertise-comptable. Au fil des concerts et de ses réflexions, il constate la tendance des musiciens à sous-évaluer la valeur de leurs prestations. En cause, un manque d’informations. Influence de la City ou pas, une idée lui vient : pourquoi ne pas « créer une place de marché avec un système de cotation pour les aider à définir leur prix » ?

Reste à savoir comment s’y prendre. Coder ? Ce n’est pas un souci, il a appris en autodidacte à 15 ans, lorsqu’il personnalisait son profil MySpace avec de l’HTML et de la CSS. Mais pour créer une base de cotation, il faut des données. Ni une ni deux, Quentin rentre à Lyon et contacte les bookers qu’il connait pour collecter les prix de vente des spectacles.

Elise, votre agent de cotation

Avec les références de plus d’une centaine d’artistes plus ou moins connus, il développe la version 1.0 d’Elise, son algorithme de traitement de données et de cotation des artistes. En 2011, il met en ligne sa première plateforme de booking. Grâce à elle, il augmente sa base de données de prix des artistes connectés et teste sa solution en récupérant les feedbacks des usagers. « Au fur et à mesure, on s’est rendu compte que ça pouvait être bien plus puissant, qu’on pouvait définir une vraie cotation pour un artiste et pas seulement monétaire : sur sa popularité globale, à la fois sur les réseaux sociaux mais aussi dans les médias, dans les salles de concerts, sur les plateformes de streaming, etc. ». MyBandMarket se lance alors dans le big data.

La collecte de données se fait via les API des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) et des plateformes de streaming (Deezer, Spotify, Soundcloud, etc.). Pour enrichir la cotation, MyBandMarket envoie aussi des robots parcourir le web en fonction de certains mots-clés, pour tracker les précieuses traces laissées dans les médias, telles que des phrases ou des avis. Au total, ce sont des millions de données en ligne que MBM récupère, traite et compile pour conférer à chaque artiste une cotation sur 100, basée sur de nombreux critères. Pour 90 % des artistes analysés, Elise fournit des « résultats réalistes ». Et, toujours d’après son créateur, ses performances sont encore plus pertinentes avec des artistes peu connus, ce qui fait d’Elise une machine à dénicher les futurs succès.

Un blog à succès

Comme la plupart des startups, MyBandMarket, lance dans la foulée un blog pour créer de l’animation autour de la plateforme de booking. Influencé et séduit par la presse musicale anglo-saxonne, il se prend au jeu de l’éditorial. « On est passé d’un à quatre articles par jour à une quinzaine, voire une trentaine parfois, si bien que beaucoup pensait nous étions une plateforme d’actualités ». Face à ce succès, le blog devient un site d’actualités, sous la marque MyBandNews, avec une ligne « clairement musicale, indépendante et technologique ». Aujourd’hui, deux salariés détectent et rédigent des articles sur les nouveaux talents et les technologies dénichés dans le monde entier. Avec un trafic toujours en hausse, le titre donne beaucoup de visibilité aux activités de MyBandMarket et à ses annonceurs, gérés depuis peu par la régie AdVICE. Elise est bien sûr mobilisée pour le repérage des artistes.

Un repositionnement vers les marques

Ces premiers succès n’amènent pas pour autant Quentin Lechemia à se reposer sur ses acquis. Il remarque que « beaucoup d’entreprises essaient d’intégrer des artistes émergents dans leur communication pour les suivre plus longtemps et de manière plus intelligente ». Après avoir testé et amélioré sa technologie pendant presque 2 ans, MyBandMarket ferme sa plateforme de booking et se repositionne sur le marché de la recommandation d’artistes pour des marques (Alcatel OneTouch, Converse, Audi, SFR Live, Kronembourg), en s’affirmant comme un « laboratoire d’ingénierie ».

La technologie développée par MBM est en effet un puissant outil pour permettre aux marques de trouver les artistes prometteurs qui collent le mieux à leur image.

EuroMusic Contest, l’Eurovision 2.0

Toujours sur la brèche pour se renouveler, MyBandMarket lance en 2011 EuroMusic Contest (EMC). Fort de son travail sur la découverte et la recommandation, l’idée est de donner un coup de jeune aux concours de type Eurovision, en se basant sur le foisonnement d’artistes émergents. « L’événement est né comme ça en 2011 avec un ami qui travaillait chez Soundcloud. A la base, c’était un concours en ligne. En 2014, on l’a poussé encore plus loin vers un « Eurovision 2.0 »  ». L’EMC couvre 40 pays, chacun représenté par un artiste, et ce sont les internautes qui votent pour les désigner. Dans la seconde phase, un « jury 2.0 », composé de bloggers influents, de professionnels de la musique et des médias, élit les 10 finalistes. Avec 3 500 artistes inscrits, 1,4 millions de visites uniques, plus de 350 000 votes effectués sur Facebook, une bonne couverture médiatique alimentée par des partenaires comme Wired, Euronews, le Nouvel Obs ou Jamendo, le bilan de l’événement est très positif. Sans compter les précieuses données qui ont permis d’ « enrichir Elise et de capter de nouvelles tendances… »

La course aux fonds

« L’idée d’un Eurovision 2.0 a fait son petit effet », se réjouit Quentin. Notamment auprès des professionnels qui travaillent à un renouveau du PAF. Il attire des investisseurs, qui saisissent là le potentiel de la startup. MyBandMarket boucle ainsi un premier tour de table de 250 000 € auprès d’investisseurs privés, dont Alexia Laroche-Joubert, la productrice de la Star Academy (mais aussi membre du jury de l’EMC), Michel Masson ou encore Serge Mathieu, le producteur de Notre Dame de Paris. « C’est un secteur qui n’est pas simple, c’est une course à la levée de fonds rapide parce qu’il faut financer ses développeurs, et puis c’est une course pour le marché », confie le jeune entrepreneur.

Ce financement intervient à un moment-clé du développement de la startup. Cette dernière a été développée au Village des Créateurs, pépinière lyonnaise spécialisée dans la mode et le design où la startup bénéficiait de locaux au loyer avantageux. Mis à part ce soutien, la jeune pousse a grandi seule avec ses projets et les embauches successives des 7 membres de l’équipe (dont 3 développeurs à temps plein aujourd’hui). Pas versé dans les mondanités, Quentin Lechemia préfère travailler sur ses produits et passer ses nuits à coder plutôt que « boire des verres avec le milieu musical pour développer des relations. A partir du moment où ton produit est bon, les relations se font toutes seules ».

MyBandMarket s’est récemment installée à Paris, pour accélérer les développements informatiques et simplifier ses rendez-vous. A l’avenir, la startup devrait poursuivre son déploiement en France tout en partant à la conquête du monde, à commencer par Londres.

Loodon, entre le LinkedIn et le airbnb de la musique

D’après le compte à rebours affiché sur Loodon, la nouvelle place de marché de MBM va ouvrir très prochainement. « Dans MyBandMarket 1.0, il y avait des bonnes et des moins bonnes choses. On s’en est rendu compte au fur et à mesure avec la fréquentation des artistes : on visait trop professionnel ». Cette fois-ci les startupers ont en effet misé sur le communautaire sans définir la nature des échanges entre les utilisateurs. D’ailleurs, tout le monde peut s’inscrire. Enthousiaste, Quentin affirme que « Loodon est entre le LinkedIn de la musique pour les relations et le airbnb de la musique pour la place de marché basée sur la géolocalisation ».

Nous l’aurons donc compris, MyBandMarket est bien ce « laboratoire » où les idées fusent et que ses membres ne tardent jamais à réaliser pour capitaliser sur leurs expériences, tout en améliorant leurs outils. Tout en s’appuyant sur une technologie développée en interne : « le but d’Elise c’est de repérer et de prévenir les tendances musicales et technologiques. Dès qu’on a un concept judicieux qu’on peut lier à Elise, on le lance ». Des relations tissées avec les professionnels de l’audiovisuel naîtra-t-il un nouveau concept de Star Academy 2.0 ? L’avenir le dira…

Fabrice Jallet