Diagnostic filière et concertations en Normandie

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Publié le jeudi 31 août 2017

Territoire

Suite à la fusion des régions, l’État et la Région Normandie ont souhaité qu’un état des lieux sur la filière musiques actuelles et son écosystème en Normandie soit mené en amont de l’appel à projets lancé cet été dans le cadre d’une convention avec le CNV. Prochaine étape, la mise en place de concertations territoriales.

Ce Diagnostic filière musiques actuelles en Normandie 2016, coordonné par le FAR, a été mené sous forme d’enquête auprès de 264 structures repérées (148 structures ont répondu, soit 56%) et concerne les acteurs portant un/des projet(s) relevant du champ des musiques actuelles (hors artistes).

Il révèle un ensemble d’enseignements sur la structuration et l’activité des acteurs :

  • Le nombre moyen d’années d’existence des structures interrogées est de 17 ans. Près de 59% d’entre elles ont plus de 10 ans d’existence.
  • Les structures de droit privé non lucratif (associations) représentent 66.9% du panel (22.5% pour les structures de droit public).
  • Plus de la moitié des répondants possèdent une licence d’entrepreneur de spectacles, avec une prédominance pour les licences 2 et 3. Ces chiffres témoignent ainsi de « l’importance du nombre de structures dont l’activité est directement liée à l’organisation de spectacles, sans pour autant posséder systématiquement un lieu de diffusion ».
  • Près de 53% s’inscrivent dans une logique de réseau à l’échelle régionale et/ou nationale.
  • 43.75% des structures sont dédiées aux musiques actuelles, et 56.25% sont pluridisciplinaires.
  • Les activités de diffusion / création, d’action culturelle et d’accompagnement sont prépondérantes.
  • Les structures étudiées embauchent 192 salariés (équivalent de 167 emplois temps plein) et 798 personnes sous le régime de l’intermittence (pour un équivalent de 49 emplois temps plein).
  • Données budgétaires (49 entités dédiées aux musiques actuelles répondantes) : la somme des charges est égale à 22,5 M€ (30% des charges globales sont des charges de personnel ; la somme des produits avoisine les 22 M€ (dont 30% sont des subventions) et près de 47% des acteurs ont bénéficié d’aides privées.

Suite à ce diagnostic, a été lancé l’appel à projets Développement stratégique des entreprises de production musiques actuelles et variétés dans le cadre de la convention de partenariat entre la Région Normandie, le département de l’Orne, le CNV et l’Etat/DRAC Normandie (fonds commun de 60 000 €).

À l’heure de la rentrée, la filière musicale normande s’engage désormais sur la mise en place de concertations territoriales (programme à venir) dont Jean Claude Lemenuel et Bénédicte Le Pennec (Le FAR), ainsi que Sandrine Mandeville et Isiah Morice (RMAN) nous indiquent les enjeux :

Jean Claude Lemenuel et Bénédicte Le Pennec
Directeur et chargée d’accompagnement du FAR

« Pour cette nouvelle saison, les principaux enjeux seront, dans un premier temps, de poursuivre le travail d’inter-connaissance des acteurs d’une Normandie nouvellement recomposée.
Les groupes de travail qui vont se tenir sur l’ensemble du territoire régional, dans le cadre de la concertation menée par RMAN, devraient permettre de ne pas minorer cette étape cruciale pour l’avenir du secteur en Région. Cela représente 14 réunions sur le territoire normand qui se dérouleront entre septembre et novembre et concerneront 7 bassins de vie.

Parallèlement à cela, l’objectif sera de consolider et d’équilibrer le déploiement des acteurs de l’ensemble de la filière régionale, notamment ceux directement en lien avec le développement et la production d’artistes. Il s’agit d’ailleurs de l’axe prioritaire sur lequel porte le nouvel appel à projets CNV/Région/Etat/Département de l’Orne.

Enfin, la réflexion déjà en cours sur les nouvelles formes de soutien et d’accompagnement de la scène locale va se poursuivre et devrait aboutir, d’ici le printemps 2018, à la création d’un nouveau dispositif régional en phase avec les besoins actuels des artistes.
Ce travail co-porté par RMAN et Le FAR fera aussi l’objet de temps d’échange spécifiques associant structures locales d’accompagnement, de développement et artistes. »

Sandrine Mandeville et Isiah Morice
Co-présidents du RMAN

« À l’échelle d’une Région encore nouvelle, le travail d’inter-connaissance est encore à augmenter et l’enjeu est de définir un nouvel intérêt général. Pour cela, il faut savoir vers où l’on souhaite aller.
La question des droits culturels et de la diversité est à aborder. L’accompagnement des pratiques musicales en région est aussi un chantier déterminant.

Par ailleurs, mais ce n’est pas un fait spécifiquement régional, ce que l’on appelle aujourd’hui « musiques actuelles » est devenu un champ plus porteur au niveau économique. Il est devenu l’objet de contradictions finalement assez classiques. La question principale est donc : quelles orientations choisissent les acteurs subventionnés et les politiques publiques pour corriger ces effets au profit de l’équité territoriale et de l’émancipation des populations ? »