Findspire, une plateforme pour la découverte, la promotion et le networking

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Publié le mardi 2 juin 2015

Starting blocks

#Cross-artistic #Musique enregistrée #Streaming #Promo #RSP

Lancée officiellement lors du prochain Midem 2015, Findspire est une plateforme de streaming et une entreprise de production de contenus qui veut connecter les créateurs entre eux, et avec le grand public. Découverte, promotion, networking, c’est un peu le projet de plateforme ultime, qui place les artistes au centre. Rencontre avec Florent Defay, dans la tête duquel a germé l’idée.

À mi-mois, on lève la tête du guidon et on s’intéresse à l’innovation. Starting Blocks c’est des entreprises, des activités innovantes, et celles et ceux qui les font ! Et tout ça, dans la musique !




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Florent Defay, cofondateur de Findspire

FINDSPIRE, c’est d’abord un constat en apparence simple : aucune plateforme aujourd’hui ne propose de l’audio et de la vidéo, tout en ayant un player exportable vers des sites tiers ou les réseaux sociaux. « Aujourd’hui, un artiste fait sa promo avec le player Youtube ou Vevo, et les gens vont écouter l’album sur Spotify ou sur Deezer. Notre objectif, c’est de proposer aux artistes un outil complet qui permet de partager tout leur univers et de le promouvoir, aussi bien sur notre plateforme qu’à l’extérieur, tout en monétisant le contenu », explique Florent Defay, co-fondateur de FINDSPIRE.

En se positionnant sur l’univers global des artistes, quelle que soit leur discipline (musique, cinéma, arts visuels, mode…), FINDSPIRE se veut un outil puissant de communication auprès du grand public, mais également un réseau social pour connecter les créateurs entre eux, et avec les marques. Le catalogue de la plateforme s’est constitué en signant des contrats avec les labels et distributeurs (actuellement, quasiment 90% du marché musical mondial), et la startup ambitionne d’embrasser à terme tout le catalogue artistique mondial. Avec la particularité de mettre les artistes au centre du projet. « Tout est contrôlé par les artistes. Nous proposons des outils qui permettent de diffuser, de promouvoir et de monétiser les contenus, tout en favorisant le contact entre les différentes communautés artistiques. L’idée, c’est aussi qu’un photographe puisse rencontrer et travailler avec un musicien, un styliste, un réalisateur… », précise Florent Defay.


L’histoire d’une rencontre


La trajectoire de FINDSPIRE est singulière, différente du schéma classique de la startup créée par des jeunes diplômés. C’est l’histoire d’une rencontre, entre Florent Defay et Philippe Bridant. Le premier, entrepreneur dans l’âme, avait créé une marque de vêtements, une agence de communication, et coproduit des courts métrages. Riche de ses expériences dans le milieu artistique, il commence à réfléchir en 2013 à l’idée d’une plateforme dédiée aux photographes et aux illustrateurs, leur permettant de vendre leurs produits à l’international en 24/48 heures. Pendant 6 mois, il affine son projet : « je me suis rendu compte qu’avant de vendre, les artistes doivent exister. J’ai donc commencé à imaginer un outil de promotion. Et le meilleur outil de communication pour les artistes, c’est de montrer avec qui ils travaillent, et pas uniquement dans leur communauté ». La plateforme doit donc connecter le cinéma, la musique, la mode, les arts visuels, centraliser tous les contenus disponibles, pour créer des ponts et intéresser le grand public.

Il se met alors en quête d’un directeur technique, et publie une annonce. Au même moment, Philippe Bridant, directeur R&D chez Smartjog, une plateforme de diffusion de contenus numériques pour les salles de cinéma, et ancien directeur technique d’Ubi, est en pleine réflexion. Il veut quitter Paris, pour s’installer dans la région d’origine de sa compagne, vers Nancy. Il prospecte le marché du travail local, et tombe sur l’annonce de Florent Defay. Intéressé, il se déplace en Lorraine pour le rencontrer. Le courant passe instantanément, et 10 jours après, Philippe Bridant s’installe à Nancy. Et le directeur technique devient associé.

Ils s’attèlent immédiatement au développement de FINDSPIRE. Pas de passage par un incubateur, mais un accompagnement du Réseau Entreprendre. La première année, ils lèvent 700 000 euros, auprès de la BPI (270 000 euros), de banques (250 000 euros), de différents organismes, du Ministère de la Culture et de la Communication, complétés par l’apport de business angels. Dans l’année qui suit, une équipe commerciale et stratégique est constituée, pour décrocher les signatures avec les labels, les distributeurs, dans la musique et le cinéma, et les partenariats avec les marques. Le développement technique de la plateforme prend 2 ans, le temps de parfaire la protection des contenus, ou les questions liées à l’upload direct. La version beta est lancée en décembre 2014.

FINDSPIRE, c’est aujourd’hui 25 salariés : une équipe technique à Nancy, et une équipe technique, stratégique et commerciale à Paris.


Connecter artistes et grand public


La plateforme accueille deux types d’utilisateurs : le grand public et les artistes. Le profil de ces derniers est créé automatiquement à partir des partenariats liés avec les distributeurs et des accords passés avec les labels. L’artiste doit juste demander un code à son label pour activer son profil. Il peut y ajouter tous ses albums, toutes ses vidéos, toutes ses collaborations, diffuser des sons qui sont par exemple sur Soundcloud, mais pas sur les plateformes de streaming, des sons promotionnels, suivre ou être suivi par une communauté… Le profil est à la fois un outil promotionnel à l’intérieur de FINDSPIRE, mais aussi à l’extérieur. Tous les outils sont exportables. Les vidéos peuvent être diffusées sur les réseaux sociaux, sur des sites tiers ou sur le site de l’artiste, via le player FINDSPIRE, qui permet donc d’être rémunéré.

Le grand public peut de son côté naviguer, après création d’un profil, entre les propositions des artistes, à travers les 4 grandes communautés du site ou recourir à la partie « Inspiration » pour se créer sa propre bibliothèque, avec ses playlists, sauvegarder des albums, des films…. L’éditorialisation est assurée par l’équipe de FINDSPIRE, et grâce aux données utilisateurs récupérées, un algorithme proposera de la recommandation. Et sur ce point, la plus-value cross-artistic de FINDSPIRE est primordiale : « nos suggestions ne se feront pas uniquement sur ce que l’utilisateur écoute, mais aussi en rapport avec ses goûts vestimentaires, cinématographiques, picturaux… », détaille Florent Defay.


De la plateforme de streaming à la production de contenus


La plateforme et l’application mobile seront officiellement lancées au Midem, point de départ d’une campagne de communication globale. Mais FINDSPIRE n’entend pas s’arrêter là, et d’autres nouveautés seront annoncées sur la Croisette, notamment le lancement conjoint de la filiale FINDSPIRE Productions, qui affirme la volonté de la startup d’être également productrice de contenus exclusifs. « Avant d’être une plateforme de VOD et de streaming, avant d’être un réseau social, nous sommes une marque, qui a pour objectif d’être très proche des artistes », confie Florent Defay. Pour matérialiser ce positionnement, un studio de 150 m2 vient d’être finalisé, pour accueillir des sessions de concerts ou des interviews. Et c’est Akhénaton qui, le premier, s’est prêté au jeu de l’interview chez FINDSPIRE. « Nous souhaitons par ce biais prendre la responsabilité de la production de contenus artistiques, et accompagner les artistes dans la promotion, quel que soit leur statut ou leur niveau de développement, en les mettant en relation avec des journalistes, des bloggeurs… », poursuit Florent Defay. Les contenus produits pourront ensuite être proposés à des marques ou des chaines de télévision.

Le studio FINDSPIRE sera « délocalisé » au Midem, diffusera ses contenus exclusifs et accueillera pendant toute la durée du salon un espace de discussion et de débats autour des problématiques liées au streaming, en faisant intervenir aussi bien les majors que des entreprises comme Orange ou Havas, et des artistes.


2016, cap sur l’international


Il y a quelques semaines, FINDSPIRE annonçait une levée de fonds d’1 million d’euros (Fonds Venture numérique Lorrain à hauteur de 500 000 euros et business angels), qui a financé la construction du studio et le développement de la marque en France. La startup ne s’arrête pas là, et travaille actuellement sur une levée de fonds plus importante pour le développement à l’international à partir de début 2016. Avec pour cible prioritaire les pays anglophones et l’Europe, et la volonté de construire un second studio aux États-Unis. «  À partir de septembre, nous allons lancer la communication auprès du grand public, pour commencer à positionner l’offre premium. Et continuer de travailler à l’amélioration constante de la plateforme », détaille Florent Defay. FINDSPIRE deviendra-t-elle une des plateformes de référence ? C’est plutôt bien parti…


Romain Bigay