Hip-hop : une culture conçue pour durer !

Publié le mercredi 15 février 2017

Focus

En plus de 40 ans, le hip-hop s’est affirmé comme une culture omniprésente. Le rap, longtemps objet de mépris ou d’indifférence, est aujourd’hui ancré dans le paysage musical. Production, diffusion, consommation, dimension sociale et culturelle, perception médiatique et institutionnelle… Retour, avec les acteurs qui les font, sur l’histoire, l’évolution et la situation actuelle de ces musiques "conçues pour durer".

© Soren Astrup Jorgensen

« Le hip-hop est passé d’une culture underground minoritaire à une culture underground majoritaire, et aujourd’hui c’est une culture populaire majoritaire ». Ce résumé, lapidaire, de Bruno Laforestrie, actuel dirigeant de Mouv’, résume à lui seul presque 40 années de culture hip-hop en France. Après une période d’émergence culturelle spontanée, venue du "ter-ter", le rap s’est peu à peu transformé en un véritable marché économique. À la fin des années 1990, les chiffres de vente explosent, le nombre de signatures se multiplie. Pourtant, le rap, bien qu’entré dans le système commercial, reste en marge. Après un relatif essoufflement dans les années 2000, il est revenu en force ces dernières années. En 2017, force est de constater qu’il s’est fait une place de choix dans le paysage musical. Si l’on considère les ventes de disques, signe superficiel de mouvements culturels de fonds, le constat est clair : dans le Top 100 des albums du SNEP pour l’année 2015, on retrouve une quinzaine d’artistes hip-hop, fortement majoritairement francophone : Maître Gims, Soprano, Black M, Nekfeu, Jul, Gradur, Booba, Lacrim, BigFlo & Oli, Grand corps malade, Youssoupha, PNL, Dr DRE, Alonzo…