L’artiste-producteur en France en 2008

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Publié le mardi 10 février 2009

Étude

Présentée à Cannes dans le cadre du Midem 2009, cette étude a été réalisée par Aymeric Pichevin pour l’Adami.

Aymeric Pichevin est journaliste, co-auteur de « Autoproduire son Disque » (Ed. Irma) et fondateur de la société de conseil M.A.N Media.

Premiers chiffres à retenir : 45% des artistes de la musique, membres de l’Adami, ont réalisé au moins un enregistrement en autoproduction dans les trois dernières années… et 57,4% prévoient de s’autoproduire dans les deux années à venir.

Plus globalement, Aymeric Pichevin estime le nombre de phonogrammes autoproduits à environ 6.000 par an (hors démarche amateur).
On pourra ensuite entrer dans la bataille des chiffres, préciser que la moitié d’entre eux ne font pas l’objet d’accords de distribution, les comparer aux 9.885 dépôts de phonogrammes réalisés à la BNF en 2007, indiquer qu’à peine plus d’un tiers sont rentabilisés, estimer que le chiffre de 12.000 ventes moyennes n’est pas significatif,… toujours est-il qu’il s’agit d’une réalité de marché qui peut même s’affirmer comme tendance lorsque celui-ci se rétrécit et que, côté majors, on rend plus de contrats qu’on en signe. D’où, d’ailleurs, une participation active de représentants des producteurs lors de ce débat.
Ajoutez à cela que, toujours selon cette étude, 21,5% de ces artistes producteurs sont membres d’une société civile de producteurs et vous commencerez à prendre la mesure de la transformation en cours. Ce que confirme Aymeric Pichevin en indiquant : «  l’importance croissante de l’autoproduction entraîne de nouvelles formes de collaboration ; un certain nombre d’artistes producteurs signent ainsi des contrats hybrides entre la distribution et la licence ».

Autre indicateur, certains artistes en développement disposant d’un potentiel commercial déjà affirmé commencent à faire le choix délibéré de l’autoproduction. C’est encore assez rare (Soko, Peter Van Poehl, Zoé Avril,…), mais l’étude constate que la première motivation est celle du « contrôle de sa production » (86%), devançant celle de « l’impossibilité de trouver une maison de disques » (74,4%).

Résultat ? Un panorama très contrasté (« les profils des artistes producteurs sont extrêmement variés ») et qui contient certaines inquiétudes. L’une d’entre elles, telle que posée par Aymeric Pichevin : « La disparition du filtre que constitue le producteur et le manque de partenaires professionnels pour un grand nombre d’artistes pose la question d’une autoproduction quantitativement supérieure aux capacités d’absorption du marché »… en n’oubliant pas que le budget moyen de ces investissements « individuels » est quand même de 17.400 €, et tout en indiquant plus loin : « Aujourd’hui, les deux tiers des projets d’autoproduction menés par des professionnels de la musique ne sont pas rentables, mais ils constituent le cœur d’un métier qui cherche ses revenus ailleurs (scène, réalisation sonore, etc.). Demain, l’enregistrement restera au centre des carrières musicales et les artistes seront peut-être plus libres d’en contrôler la commercialisation à travers des partenaires variés ».

Le fichier PDF de l’étude « L’artiste-producteur en France en 2008 »
La vidéo présentée à Cabourg et au Midem

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