Le GiPiM interpelle France Inter

Publié le lundi 11 juin 2018

Media

Les attachés de presse indépendants du GiPiM (Groupement informel des promo indé musique) alertent la direction de Radio France face à « la réduction constante des fenêtres d’exposition offertes au sein de la grille de France Inter ».

Le GiPiM, proto-syndicat des attachés de presse indépendants, rassemble plus de 80 professionnels travaillant sur tous types de répertoires musicaux et pour des clients allant de l’artiste autoproduit à la major.

S’appuyant sur le cahier des charges de Radio France, le groupement interpelle dans cette lettre ouverte la directrice de France Inter, Laurence Bloch, et le PDG de Radio France, Sibyle Veil), avec en copie Jocelyn Perrotin, le directeur de la musique de France Inter.

Lettre ouverte du GiPiM

Madame la Présidente, Madame la Directrice,

Pour beaucoup d’entre nous, le Service Public, Radio France et en particulier France Inter sont des vecteurs clés d’exposition des artistes musicaux. C’est le cas en particulier pour ceux dont les propositions sont reconnues comme qualitatives sans forcément leur ouvrir les portes d’un succès massif, et bien entendu pour les talents émergents.

Au cours de ces dernières années, nous avons vu la réduction constante des fenêtres d’exposition offertes au sein de la grille de France Inter. En dehors de la playlist où les places sont chères, il y avait auparavant nombre d’émissions permettant néanmoins de diffuser ou d’inviter des artistes d’une grande diversité, depuis les fortes audiences des rendez-vous de la mi-journée jusqu’aux heures tardives où l’on pouvait prendre son temps pour la découverte, en passant par des émissions musicales emblématiques et influentes.

Il est logique que les grilles évoluent et que des producteurs cèdent un jour leur place, mais force est de constater que cela s’est fait globalement au détriment de l’exposition de la musique dans sa diversité et dans sa richesse. Nous constations déjà ces dernières saisons le manque d’une émission destinée à l’actualité musicale et à la présentation des nouveautés, de préférence quotidienne car la matière première de qualité pour l’alimenter existe, les programmateurs de France Inter peuvent en témoigner.

Mais un nouvel élément nous incite à vous faire part ici de notre plus vive inquiétude. Aux côtés de « Foule Sentimentale » de Didier Varrod, seulement hebdomadaire et centrée sur la scène francophone, l’émission quotidienne « Le Nouveau Rendez-Vous » de Laurent Goumarre était ces dernières saisons la principale fenêtre d’exposition live d’artistes musicaux d’une grande diversité. Après une réduction de deux à un seul artiste musical invité chaque jour fermant ainsi la porte à nombre de propositions de qualité désormais plus du tout exposées sur France Inter, la direction de France Inter souhaite désormais que l’émission se limite à un seul live par semaine la saison prochaine.

Il nous semble donc nécessaire de vous interpeler sur ce nouvel épisode symbolique d’une histoire qui ressemble fort à celle de la disparition de la diversité musicale sur le Service Public. Permettez-nous d’ailleurs de rappeler ce que stipule l’article 30 du cahier des missions et charges de Radio France : « dans ses programmes de variétés pris dans leur ensemble, la société donne une place majoritaire à la chanson d’expression originale française et s’attache à promouvoir les nouveaux talents ».

Intermédiaires entre les producteurs et les artistes d’une part, les équipes de Radio France d’autre part, nous sommes bien placés pour en connaître la richesse, la qualité, la diversité et l’implication. Nous souhaitons vivement que vos décisions quant à la saison prochaine nous permettent à tous de mieux travailler ensemble, au service d’un « enrichissement Culturel » (article 3) trop absent des récentes évolutions que nous venons de décrire.

A l’heure où les antennes commerciales prennent conscience d’une crise (révolution numérique, audience et revenus en baisse) qui les incite à réduire encore toute prise de risque en faveur de la pluralité, au moment où les radios associatives se heurtent à des problématiques de ressources remettant en cause jusqu’à leur propre survie, il nous semble essentiel que le Service Public montre l’exemple et remplisse pleinement ses missions.

Les Attachés de Presse Indépendants du GiPiM


Nous suivre /asso.irma /IrmACTU